vendredi 17 avril 2015

ICCF19 à Padoue, day 5

Ce dernier jour de la conférence n’a duré qu’une matinée qui a commencé par une exposé de Michel Vandenberghe sur LENR-Cities, une entreprise qu souhaite fédérer les chercheurs du domaine.

Volodymir Dubinko, d’Ukraine a développé la théorie des « discrete beathers » qui permettrait que localement la température soit plus élevée que dans le reste du cristal. Cela expliquerait en particulier que l’excès de chaleur augmente avec la température. Cette même approche serait compatible avec les observations de transmutations biologiques, car des « discrete beathers » existeraient aussi au niveau de l’ADN.

David Szumski a développé une théorie de la température montrant que dans ce modèle aussi, la température locale pourrait être supérieure à celle de l’environnement.

Akito Takahashi de Technova au Japon a clôturé la conférence en développant sa théorie de la fusion faisant intervenir des électrons bosoniques.

Conclusion de cette conférence :

Je retiens de ICCF19 tout d’abord le grand nombre de participants, 480 personnes, le plus grand nombre depuis que la série a commencé. Par ailleurs dans l’assistance, il y avait plus d’industriels que d’habitude, et pour la première fois les investisseurs étaient aussi présents. Ce changement montre que nous venons de passer un cap de crédibilité, et que bien que la science officielle ignore toujours nos activités, les industriels et les financiers se préparent au changement en cours.


jeudi 16 avril 2015

ICCF19 à Padoue, day 4

Cette journée s’est clôturée par le dîner de gala qui est traditionnel dans toutes ces conférences. La matinée a été très intéressante du point de vue scientifique, et l’après midi fut concentrée aux sessions « posters » et à une intervention non prévue.

Steven Katinsky a créé avec David Nagel « l’Industrial Association for LENR » dont l’objectif est de faire rentrer le domaine aux côtés des autres associations professionnelles de l’énergie. Le site en construction sera lenria.org

Mitchell Swartz du MIT n’a pas pu venir à la conférence, et son exposé a été fait par Peter Hagelstein. Il a exposé les derniers développements du Nanor, ce petit réacteur composé de poudre, soit de palladium, de palladium-nickel ou de nickel recouvert d’oxyde de zirconium, et chargé en deutérium. En faisant passer un courant électrique à travers la poudre, il obtient des gains d’énergie de plusieurs ordres de grandeur. Cette méthode, bien que de petite taille est très intéressant pour des développements futurs.

Alexander Gromov, a fait un rappel de l’histoire des transmutations en commençant par les transmutations biologiques, mais aussi avec les réactions dans des plasmas. Il a montré que l’électrolyse plasma permettait d’obtenir des productions d’hydrogène 8 fois supérieures à celles prévues par la loi de Faraday, à cause de la très haute température des électrodes qui casse les molécules d’eau.

Anatoly Klimov de Inflow Company en Russie a étudié l’effet du plasma sur les transmutations, ainsi que des gains d’énergie de 2 à 10 dans des réacteurs de forme sphérique.

Vladimir Vysotskii de l’université de Kiev a montré comment avec des bactéries, il arrivait à transmuter le césium en baryum. En particulier, il a pu diminuer la radioactivité du Cs-137 de 50% en 4 jours en le transformant en Ba-138.

Changlin Liang de l’Université Tsinghua à Pékin a montré l’importance du lithium dans les expériences de fusion froide.

Igor Goryachev de Technology a montré des transmutations de produits radioactifs par des plasmas : Sr-90, Cs-137, Pu-239.

Dans l’après midi, nous avons eu un exposé informel de Alexander Parkhomov qui nous a donné des informations sur son expérience qui produit de grandes quantités de chaleur avec un mélange poudre de nickel et poudre de LiAlH4.

La journée s’est cloturé avec le dîner de gala, au cours duquel, j’ai eu l’honneur de recevoir la médaille Giulano Préparata. La prochaine conférence sur la fusion froide, ICCF20 aura lieu à Sandai au Japon en octobre 2016, et sera suivi la semaine suivante par une conférence satellite en Chine.

mercredi 15 avril 2015

ICCF19 à Padoue, day 3

Cette troisième journée a été un peu courte au niveau scientifique, car la matinée a été réservée au tourisme.

David Knies de la société américaine Coolescence a étudié l’influence de l’orientation cristalline de la surface de palladium et de l’addition d’impuretés sur le chargement en deutérium. Il apparaît que l’orientation cristalline n’est pas un facteur important. Par contre, l’addition de certains éléments métalliques en très petite quantité accroît ce chargement.

David Nagel de l’Université George Washington a étudié les cas d’explosions de cellules électrochimiques. Il semblerait que dans certaines circonstances, mal connues, des réactions en chaîne se produisent. Il a commencé par rappeler l’épisode de 1988 vécu par Pons et Fleischmann de la fusion de l’électrode cubique de palladium de 1cm3 qui a fondu et traversé le plan de travail. Il a ensuite fait le tour des autres expériences qui se sont déroulées dans différents laboratoires, ainsi que les réacteurs de Rossi qui ont explosé. Evidemment, avant de mettre sur le marché de tels équipements il faudra comprendre ce qui s’est passé.

Jean-Luc Payet, retraité de l’université d’Aix-Marseille a développé la théorie des électrons profonds relativistes qui pourrait expliquer certaines des réactions de fusion froide.

Francesca Sarto de l’ENEA à Rome, a mis au point une méthode d’analyse in situ de la surface des électrodes par voltamétrie cyclique qui permet de connaître la surface de l’électrode.

La suite à demain…

mardi 14 avril 2015

ICCF19 à Padoue, day2

Cette deuxième journée a été beaucoup plus scientifique avec des exposés orientés sur des expériences fondamentales et aussi des théories.

Melvin Miles a eu des relations proches avec Martin Fleischmann, et possède une grande quantité de lettres avec lui, qu'il va publier prochainement. Il a révélé en particulier que Martin Fleischmann lui avait dit que l'expérience ne pouvait pas se produire en dessous de 60°C. Il a aussi annoncé que dès 1988 lui et Stanley Pons avaient mesuré la production d'hélium.

Peter Hagelstein, un théoricien de très haut niveau du MIT a montré la production de rayons-X avec un système de vibration à haute fréquence sur des films métalliques.

Vittorio Violante, de l'ENEA à  Frascatti a montré l'effet de champs magnétiques pulsés dans la production d'excès d'énergie dans des expériences d'électrochimie.

David Kidwell, de la Navy à Washington a mesuré des excès de chaleur importants avec  l'absorption de deutérium gazeux dans des poudres de palladium recouvertes de ZrO2.

Orchideh Azizi, de l'Université du Missouri a montré que les différents prétraitements des électrodes en palladium ne changeait qu'à la marge le taux de chargement final des électrodes de palladium en hydrogène.

Jirohita Kasagi, a  montré que les réactions deutérium-deutérium avec des faisceaux de basse énergie de deutérium sur une cible métallique solide ou liquide se produisaient avec des rendements de réaction beaucoup plus élevés que prédit par les théories classiques. Il y a donc à basse énergie une anomalie.

Dimitrii Filippov de l'institut Kurchatov, en Russie, et collaborateur de Leonid Urutskoev a montré que des noyaux lourds pouvaient transmuter sous l'influence de champs magnétiques très intenses.

Hioki Tatsumi, de Toyota au Japon a étudié le chargement en deutérium dans des mésopores chargées en palladium.

Akira Kitamura de la société Technova au Japon a montré l'excès de chaleur dans des expériences avec des poudres de palladium et d'alliages recouverts de ZrO2 dans un calorimètre à flux massique refroidi avec de l'huile.


La suite à demain....

lundi 13 avril 2015

ICCF19 à Padoue, day 1.


La conférence se déroule dans le magnifique Palazzo della Regione, un gigantesque bâtiment construit au XIIIe siècle.

Cette première journée a été une grande surprise par rapport au nombre de participants qui étaient plus de 450. C’est la plus grande audience depuis que ces conférences existent. La matinée fut dédiée d’abord à un concert de musique classique d’excellente qualité, suivi d’exposés de personnalités locales et internationales : Massimo Bitonci, le maire de Padoue, Radolfo Cetera, vice président de la Confindustria, Tom Darden le président de Cherokee Investment, la société de capital risque qui finance Rossi, Cerivaldo da Sila Lira, le Ministre du Développement Economique du Brésil. La presse locale nationale et internationale était présente.
Cette conférence montre par son format, l’intérêt qui commence à se faire dans le monde de l’industrie, ainsi que celui de certains gouvernements.

La session  de l‘après midi était dédiée à des présentations scientifiques. Parmi les deux qui m’ont le plus intéressé :
Mike McKubre de SRI International en Californie a fait un rapide historique de ses travaux sur la fusion froide, et a évoqué le futur de cette science, en montrant que la science avait beaucoup avancé. Il a fait remarquer qu’aux Etats-Unis, c’est le Département de la Défense qui finance depuis le début les recherches, et non pas celui de l’énergie. Dans d’autres pays la situation est différente, et en Inde une collaboration entre quatre universités va commencer prochainement pour vérifier les résultats.
Iwamura qui travaillait au paravant chez Mitsubishi Heavy Industries collabore maintenant dans un noouveau projet avec une collaboration entre l’Université de Tohoku, et Clean Planet, une start-up. Leur projet est de faire une recherche fondamentale, puis produire de l’énergie, et enfin de travailler sur la décontamination radioactive par transmutation des éléments. Cette dernière phase est financée par un financement gouvernemental.

La suite demain….