mardi 23 juillet 2013

La Conférence ICCF18: mardi 23 juillet, deuxième jour.

La conférence a commencé par une table ronde sur l'entrepreneuriat et l'innovation. Elle était animée par Matt Trevithick qui dans son introduction  a indiqué que des financements pouvaient maintenant entrer dans le domaine de la fusion froide. Marc Johnson de ARPA-E a expliqué comment faire pour mettre en place un dossier auprès des investisseurs potentiels. Il a cité une phrase d'Ernest Rutherford qui m'a beaucoup plu: "Nous n'avons plus d'argent, il est temps de commencer à réfléchir". Doug Moorehead de Earl Energy a fait part de son expérience dans l'accompagnement des entreprises.

Nous avons pu voir en direct par internet la démonstration du réacteur de Defkalion depuis Milan. C'est Alex Xanthoulis qui a présenté le réacteur.  La démonstration a duré toute la journée, et nous avons eu trois connexions, l'une le matin, l'autre l'après midi et la troisième le soir. Le réacteur comporte une partie centrale contenant 60 grammes de matériau actif dont 5 grammes de nickel. La différence est le support. Le poids total de la cellule est de 8,54 kg. Un circuit d'eau refroidit la cellule. Le débit d'eau était d'environ 0,2 litre/minute. L'eau provient directement du robinet après passage dans des filtres. L'eau ressort sous forme de vapeur à haute température. Le système est calibré avec de l'argon à la place de l'hydrogène. Le réacteur fonctionne avec à la fois trois résistances placées à l'intérieur de la cellule et des bougies permettant de produire un plasma. A la fin de la journée, nous avons appris que le réacteur avait fourni 5,2 kW avec une puissance d'entrée de 2,0 kW. Je me suis posé la question de savoir pourquoi le débit d'eau était si faible, ce qui faisait que l'eau ressortait sous forme de vapeur. En augmentant le débit, l'eau ressortirait sous forme liquide et le calcul de la puissance thermique serait plus simple. Avec la vapeur d'eau on est obligé d'utiliser la chaleur de vaporisation de l'eau, ce qui est risqué, car la vapeur peut être humide. Si c'était le cas, les résultats seraient surestimés. J'espère que Defkalion pourra corriger cela.

Une table ronde sur le tritium a suivi la première partie de la démonstration de Defkalion. Mike McKubre de SRI a animé le débat. Il a commencé par rappeler qu'un personnage très important de la découverte de tritium au cours d'expériences de fusion froide a été John Bockris qui vient malheureusement de décéder il y a quelques semaines. Il a ensuite parlé de l'importance de la découverte du tritium dans les expériences de fusion froide pour montrer l'origine nucléaire du phénomène. Toutes les expériences d'électrolyse qu'il avait pu faire n'avaient jamais produit de tritium, mais quand il a reproduit l'expérience d'Arata, il a pu pour la première fois détecter de l'hélium-3 provenant de la transformation du tritium.

Edmund Storms a critiqué le fait que le journaliste Gary Taubs ait supposé que le tritium mesuré par John Bockris ait pu être injecté sciemment par l'étudiant qui faisait les expériences. Ces propres mesures à l'époque où il était à Los Alamos ont montré la production de tritium.

Mahadeva Sriivasan retraité du Bhabha Atomic Research Center de Mumbai a raconté toute la période au début des années 1990 où il a pu trouver du tritium au cours de ses expériences. Malgré toutes les découvertes qu'il a pu faire à l'époque, son travail a été arrêté comme partout dans le monde.

Tom Claytor, maintenant retraité de Los Alamos a montré à la fois les résultats anciens qu'il avait obtenu, mais aussi les nouveaux résultats qu'il a trouvé. Il a travaillé essentiellement avec des décharges avec des électrodes de palladium  dans une atmosphère de deutérium.

Les trois chercheurs ont rappelé qu'indépendamment les uns des autres, ils avaient remarqué que la quantité de tritium obtenue était beaucoup plus grande de plusieurs ordres de grandeur, que celle des neutrons. Si la réaction avait été de même nature que la fusion chaude, on aurait dû avoir autant de neutrons que de tritium. Cette constatation montre que le mécanisme de la fusion froide est différent de celui de la fusion chaude.

Pendant l'heure du déjeuner, nous avons visité les laboratoires de fusion froide, à la fois la partie électrochimie, mais aussi la partie gaz. Nous avons été très impressionnés par la qualité des équipements, et aussi du travail qui y est fait.

Francesco Celani de l'ENEA à Frascatti en Italie a fait le point sur ses derniers résultats de production d'excès de chaleur avec des fils de constantan traités de manière à faire apparaître des nano structures en surface du fil. Pour lui, le chargement et le déchargement jouent un rôle important, c'est l'équivalent de ce que Fralick a fait à la NASA en vidant le tube de palladium de son deutérium. Pour que la fusion froide fonctionne,  il faut un flux d'hydrogène.

Mitchell Swartz de JET Energy a montré une amélioration importante de son nanor, ce petit système comprenant du palladium enrobé d'oxyde de zirconium. En appliquant un champ magnétique variable, il a pu observer une augmentation gigantesque du rendement. Il a obtenu des COP de 80.

Mathieu Valat a présenté le Martin Fleischmann Memorial Poject. Il a expliqué le fonctionnement du projet avec une équipe américaine et une européenne. Les mesures qu'ils ont faites sont proches de celles de Celani, mais moindres. Un excès de 6 Watts avec une puissance de chauffe de 48 Watts a été mesurée.

George Miley de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign a dans un premier temps comparé la fusion froide aux autres sources d'énergie, et comment elle se plaçait entre les énergies fossiles et renouvelaables et le nucléaire classique. Il a ensuite expliqué les travaux en cours en montrant l'importance des états de surface, et le rôle de la rugosité sur l'excès de chaleur.

David Nagel a présenté son projet de création d'une structure qui puisse faire avancer à la fois la science, mais aussi le business de la fusion froide. Il en est à la phase préparatoire, et attend les suggestions.

Cherian Mathai de l'Université du Missouri a montré qu'à partir de dépôts de palladium et de nickel, suivi d'une attaque chimique du nickel, il pouvait obtenir une surface de palladium extrêmement rugueuse.

Olga Dimitriyeva de Coolescence a montré les calculs qu'elle a fait à partir d'un logiciel de chimie montrant qu'en mettant une lacune dans le réseau de palladium et des atomes étrangers autour, la distance hydrogène-hydrogène devenait plus courte que celle de la molécule libre.

Somik Mulkherjee de l'Université du Missouri a montré ses travaux de fabrication de surfaces composées de nano tubes de carbone recouverts de palladium. Cette structure a permis d'obtenir par électrochimie des rendements supérieurs à 100%.


7 commentaires:

  1. Encore bravo pour ce reporting haletant.
    Beaucoup d'informations qui vont donner des directions de recherche de plus en plus pertinentes..

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  2. L’université du Missouri a-t-elle prévu de convoquer les medias pour une conférence de presse en fin de session pour faire le bilan et répondre aux questions, medias locaux d'états voir, nationaux et étrangers ?

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    1. Bonjour,

      D'après ce que j'avais appris en arrivant, la télévision CBS pour l'émission "60 minutes" est venue au début de la conférence. Je ne crois pas qu'il y ait une conférence de presse ensuite.

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  3. Super intéressant ce reportage. On voit qu'ils ne perdent pas de temps aux States !
    Merci beaucoup pour toutes ces informations. Je suppose que vous avez pris des tas de contacts.
    Amicalement.
    Jean-Luc

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    1. En france non plus il semble.
      Xanthoulis a indiqué à matt lewans que parmi les licensé pour leur Hyperion, il y a un Français...
      http://www.lenr-forum.com/showthread.php?2182-Defkalion-Il-y-a-un-licens%E9-francais-!
      "-Accords visant l'autorisation de fabrication d'un produit de consommation — l'Hypérion — est signé avec des entreprises en Italie, France, Grèce (Defkalion 50 %), le Canada et l'Afrique du Sud. 1 300 entreprises dans environ 78 pays sont intéressées. Le prix de la licence a été préalablement de 40,5 millions d'euros."

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  4. D`après mes dernières informations, les labos de Defkalion avait quitté la Grèce au début de l`année pour s`installer à Vancouver au Canada. Alors que la Grande Messe annuelle des "croyants", annoncée il y a plus d`un an, se tient aux Etats Unis, Defkalion se retrouve en Europe, présentant les prouesses de son D-cat depuis Milan au participants ICCF. Quelle farce !
    D.A.

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  5. Je ne sais pas pourquoi la démo de Defkalion a été faite à Milan et non pas à Vancouver.

    Cordialement

    Jean-Paul Biberian

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