mercredi 29 juillet 2009

La grippe AH1N1

Pourquoi la France commande-t-elle des millions de doses de vaccins contre une épidémie possible de grippe non dangereuse? On constate que cette maladie se propage très vite dans le monde, mais on s'aperçoit aussi qu'elle n'est pas dangereuse. En réalité moins dangereuse que la grippe saisonnière. Quelles raisons y a-t-il à ce que tant de moyens soient mis en œuvre par le gouvernement? On peut en citer quelques unes:

1- Depuis le syndrome de la transmission du SIDA par transfusion sanguine qui a coûté cher à certains hommes et femmes politiques, les gouvernants se méfient et se protègent.
2- Le "principe de précaution" inscrit dans la constitution française oblige à redoubler de vigilance, et fait perdre le sens des responsabilités.
3- Un financement bienvenu des industriels de la pharmacie.
4- Une opération politique qui tombe à pic, de façon à saturer les media à la rentrée de septembre où on s'attend à une augmentation du chômage.
5- Il est utile de montrer que l'Etat s'occupe de nous, et nous protège, sinon à quoi servirait il? Il nous faut des ennemis et des dangers à combattre, ceux-ci pouvant être réels ou surdimensionnés.

Il est à remarquer qu'après une brève intervention du Dr. Bernard Debré, député UMP indiquant que cette grippe A n'était pas dangereuse, on n'entend que le son de cloche du danger de la grippe.

samedi 25 juillet 2009

Contribution climat-énergie

La contribution climat-énergie plus connue sous le nom de "taxe carbone" a pour objectif de faire baisser en France la consommation des produits à base de charbon, pétrole et gaz. Ce faisant ce sera une participation à la diminution des émissions de gaz carbonique permettant de limiter l'effet de serre, et donc le réchauffement climatique.

En pratique cela va se traduire par de nouvelles taxes sur les carburants, le fioul domestique et le gaz. Nous savons déjà que cette taxe existe puisque les carburants sont taxés par la TVA comme tous les produits, mais aussi la TIPP et la TVA sur la TIPP. Cette nouvelle taxe ne fera que se rajouter aux autres. Il est clair que quelques centimes de plus sur les prix des carburants ne vont pas changer le comportement des utilisateurs. Beaucoup de personnes ont besoin de leur véhicule pour leurs déplacements, et elles ne pourront pas faire autrement. La civilisation a changé, les banlieues se sont étendues, et les transports en commun ne peuvent pas remplir tous nos besoins de déplacement.

Au cours des dernières années le prix du gazole est passé de 75 centimes le litre à près de 150, sans que notre comportement change réellement. Les quelques centimes de plus de cette nouvelle taxe seront absorbés par les consommateurs sans que cela les affecte vraiment. Il est prévu de dédommager les groupes de personnes qui seront les plus affectées par cette augmentation par un "chèque vert". Ce sera très difficile de le mettre en place, et de toute manière une nouvelle usine à gaz dont les différents gouvernements ont le secret. Au lieu d'aller vers la simplification, nous allons en permanence vers de plus en plus de complexité.

L'efficacité de notre fonctionnement serait plutôt de faire des systèmes simples avec le minimum d'exceptions. Peut être est-ce notre langue qui nous y incite : des règles générales, mais aussi chaque fois des exceptions qui s'expliquent très bien historiquement mais qui font qu'elle est compliquée à apprendre pour nous et encore plus pour les étrangers.

La "contribution climat-énergie" est une nouvelle taxe qui est justifiée par des considérations écologiques. Son effet sera quasi négligeable sur le climat, mais permettra à l'état de récupérer quelques milliards d'euros dont il a besoin. Malheureusement les gouvernements de tous les pays fonctionnent ainsi. La vérité ne se vend pas bien....

mercredi 22 juillet 2009

Le prix de l'électricité

A l'heure ou EDF veut augmenter de 20% le prix de l'électricité, une proposition alternative permettrait de résoudre deux objectifs à la fois. La première priorité est d'assurer à chacun un minimum d'accès à l'électricité, sachant qu'à notre époque il est difficile de vivre sans. la deuxième est d'assurer un financement suffisant pour développer de nouvelles sources d'électricité.

La proposition est la suivante:
Donner gratuitement accès à l'électricité à tous avec un abonnement gratuit, et un minimum de kilowattheures garanti gratuitement chaque mois. Ceci étant sans limitation de ressources, c'est à dire pour les pauvres comme pour les riches, ce qui simplifie le fonctionnement du système. Puis avoir un prix du kilowattheure qui augmente avec la consommation.

Avec cette proposition, on élimine le problème des coupures d'électricité aux personnes les plus démunies, et on n'empêche pas ceux qui le veulent de consommer plus en payant plus, et de plus en plus cher.

mardi 21 juillet 2009

Pourquoi 60 minutes dans une heure?

Pourquoi y-a-t-il 60 secondes dans une minute et 60 minutes dans une heure. Historiquement, apparemment ce sont les Sumériens qui ont créé ce système, mais pourquoi tous les autres peuples l'ont ils adopté?

Si on regarde le nombre de diviseurs d'un nombre donné, par exemple le nombre 10 a deux diviseurs: 2 et 5, la nombre 12 en a 4: 2,3,4,6, n remarque que 60, a dix diviseurs: 2,3,4,5,6,10,12,15,20,30, tandis que le nombre 100 n'en a que 7.

Bien que le nombre 100 soit presque deux fois plus grand que 60, il a moins de diviseurs que celui de 60.

Les Sumériens ont donc choisi cette base de 60 pour l'avantage indéniable qui apparaît quand on essaie de le diviser. Relativement aux autres nombres, et par rapport à sa valeur, 60 est un choix excellent.

On remarque aussi que souvent on utilise la base 12 qui est aussi intéressante, car 12 a 4 diviseurs, alors que 10 n'en a que 2. La base 12 est utilisée dans le commerce où on achète les objets par douzaines, et la journée est divisée en deux périodes de 12 heures.

Les scientifiques de la révolution française qui on mis en place le système métrique ont imposé la base 10 qui est très commode pour les calculs, mais qui ne l'est pas quand on veut diviser par un chiffre différent de 2 ou 5.

lundi 20 juillet 2009

Que penser du projet ITER?

Le projet ITER est une action internationale qui doit permettre à terme de produire de l'énergie de manière quasi illimitée à partir de la fusion de noyaux d'hydrogène. D'une manière simplifiée, on souhaite reproduire sur terre ce qui se passe dans le soleil et les étoiles.

Cette aventure scientifique et technologique doit faire face à de nombreuses difficultés quasiment insolubles techniquement et scientifiquement. Du point de vue de la science se pose le problème de la stabilité du plasma, et technologiquement il faut résoudre le problème important des matériaux constitutifs de la chambre contenant le réacteur. Enfin, et non des moindres est le coût final du kilowattheure produit, aucune estimation n'est faite de ce côté là.

Depuis Einstein, on sait que l'on peut transformer de la matière en énergie, c'est la fameuse relation : E=mc2. Cette théorie a été appliquée avec succès d'une part avec les réacteurs nucléaires, et malheureusement aussi avec la bombe atomique puis la bombe H. Cette dernière fonctionne sur le même principe de fusion de noyaux d'hydrogène. Bien qu'on sache faire des bombes, on ne sait pas contrôler ce mécanisme de fusion.

Alors que les réacteurs nucléaires qui fonctionnent depuis plus de 60 ans ont étés "faciles" à développer. Il a suffit de mettre en contact une quantité suffisante de matière fissile, en général de l'uranium enrichi pour produire de la chaleur transformée ensuite de manière classique en électricité. Il en est allé tout autrement dans le cas de la fusion. Depuis plus de cinquante ans on essaie de maîtriser cette technologie. Pour cela diverses solutions ont été proposées, et celle qui a obtenu le plus grand succès est celle du Tokomak. Il s'agit d'une gigantesque enceinte à vide en forme de tore, c'est à dire une sorte de chambre à air géante, maintenue sous un vide très poussé. A l'intérieur de cette chambre on introduit un mélange de deutérium et de tritium, deux isotopes de l'hydrogène. Le premier est naturel, et l'autre est radio-actif avec une demi vie de 12 ans. Pour que les noyaux de ces deux isotopes fusionnent, il faut chauffer ce mélange à des températures supérieures à plusieurs centaines de millions de degrés.

Évidemment aucun métal ne peut résister à de telles températures. Pour cela le Tokomak permet grâce à des champs magnétiques de maintenir le mélange sous la forme d'un plasma au centre de la chambre, sans contact avec les parois de la machine.

ITER en construction au Centre Nucléaire de Cadarache est l'étape qui devrait permettre de montrer qu'il va être possible d'obtenir à la fois ces températures élevées, et en même temps une densité élevée. Au cours des dizaines d'années qui viennent les chercheurs vont essayer de contrôler le plasma de deutérium et tritium avec des températures de plus en plus élevées, des densités et des durées les plus grandes possibles.

Quels sont les problèmes qui doivent être résolus? Ils sont de deux catégories: d'une part scientifique, il faut obtenir les conditions décrites au paragraphe précédent, mais d'autre part il faut aussi que techniquement le projet soit viable.

Du point de vue scientifique, les difficultés sont nombreuses. Il est difficile de réaliser simultanément les trois conditions décrites précédemment: température, densité et durée élevées. dans les expériences précédentes, on a pu atteindre pendant de courtes durées des températures élevées, mais avec une densité insuffisante pour que la réaction nucléaire déclenchée produise plus d'énergie que l'énergie électrique nécessaire à faire fonctionner la machine. ITER ne sera qu'une étape pour apprivoiser le plasma à haute température, et forte densité. C'est un défi que personne à ce jour ne peut garantir qu'il sera réussi, mais c'est ainsi que va la science, on ne peut pas tout prévoir avant de faire l'expérience.

Côté technologique la situation est également très complexe. D'une part il y a le problème de la tenue des matériaux sous un flux de neutrons extrêmement important. Effectivement la réaction deutérium plus tritium produit de l'hélium, gaz inoffensif, mais aussi des neutrons très énergétiques, beaucoup plus que ceux des centrales nucléaires actuelles. Il n'existe pas à ce jour de matériau qui tienne de tels flux. Il est prévu au Japon la construction d'une expérience permettant de tester ces matériaux, mais pour l'instant les travaux n'ont pas encore commencé. Bien qu'il y ait peu de radioactivité dans ITER, il y en aura quand même, d'une part à cause du tritium qui y est mis, et d'autre part à cause des réactions produites par les neutrons sur les parois de la machine. Le Tokamak sera donc contaminé, et en cas de panne, il faudra intervenir avec des robots.

Autre point important, le combustible. Le deutérium existe à l'état naturel, et on peut l'extraire facilement et économiquemen de l'eau de mer. Par contre le tritium est radioactif, et il faut le fabriquer. Pour le démarrage on pourra utiliser ce qui est produit dans des centrales nucléaires, mais dans l'avenir, l'idée est de le produire sur place. L'idée est d'entourer la machine de lithium le métal le plus léger qui existe, et une fois bombardé par les neutrons, celui-ci va se transformer en tritium. Il faudra construire sur place un système de séparation du tritium pour le réinjecter dans le plasma.

Dernier point important. Pour que le rendement global de la machine soit rentable, il faudra que les réactions nucléaires produisent 60 fois plus d'énergie que celle qui est mise pour la faire fonctionner. On est encore loin du compte, mais rien n'est impossible. On peut quand même se demander s'il sera possible un jour de fabriquer une centrale de ce type avec un coût du kilwatt heure compétitif?

samedi 11 juillet 2009

L'Homme sur la lune

Ce 20 juillet sera le 40ème anniversaire de l'homme sur la lune. J'ai eu la chance de vivre cette période aux premières loges. Je n'étais ni sur la lune ni à Cap Canaveral, mais devant mon poste de télévision comme des centaines de millions d'autres téléspectateurs. C'était un moment d'une émotion incroyable. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on allait marcher sur un autre astre, sur la lune. Cet objet si proche, si familier et pourtant si lointain aussi.

C'est le 4 octobre 1957, le jour où les soviétiques ont annoncé le lancement de spoutnik, le premier satellite artificiel de la terre que mon intérêt pour l'espace est né. Depuis ce jour j'ai toujours eu un grand intérêt pour l'espace. J'ai rêvé d'aller dans l'espace, et même fait la première sélection pour être le premier astronaute européen qui aurait dû voler dans la navette spatiale. Je n'ai pas été sélectionné, mais j'ai passé deux semaines au centre d'essais en vol de Brétigny sur Orge, une expérience inoubliable.

Lorsque le module lunaire s'est posé sur la lune, ce 20 juillet 1969, en réalité dans la nuit du 21 chez nous en France, l'émotion était à son comble. Le moment était historique, mais je faisais aussi partie du voyage. Cette aventure était aussi la mienne. Je posais moi aussi le pied sur la lune, et j'en étais fier.

Les voyages dans l'espace sont maintenant une routine, et on ne prête plus beaucoup attention aux décollages et attérissages de la navette ou des soyouz, sauf malheureusement quand des accidents se produisent. On peut se demander si cela vaut la peine, les efforts et l'argent d'envoyer des hommes dans l'espace, alors que des machines pourraient faire aussi bien pour beaucoup moins cher. Pour ma part, notre présence dans l'espace est indispensable, et ce n'est que le début d'une grande aventure qui va nous conduire dans l'ensemble du système solaire dans les siècles à venir.

lundi 6 juillet 2009

Administration-administrateurs-administrés

Depuis 40 ans que je fais de la recherche à l'université, j'ai vu le poids de l'administration augmenter de plus en plus. C'est à se demander si le but ultime n'est pas de nous empêcher de travailler. Les crédits sont difficiles à obtenir, et lorsqu'on les obtient, ils sont difficiles à dépenser.

Que s'est il passé au cours de ces années? Des abus ont été commis dans le passé, ce qui a poussé le législateur à augmenter au fur et à mesure les contrôles. Il est tout à fait louable que les dépenses soient faites à toute légalité, mais au lieu de mettre des contrôles a posteriori, l'Administration avec un grand A a mis en place des règlements de plus en plus complexes qui compliquent la vie des intéressés.

Un exemple parmi d'autres: lorsque l'on voyage pour une mission, les frais d'hôtel sont plafonnés, ainsi que ceux des repas. On se demande pourquoi, car ces dépenses sont prises sur le budget du chercheur, et qu'il a toute liberté pour acheter ce qui lui semble utile pour ses propres travaux, personne ne lui demandera pourquoi il a acheté tel équipement au lieu d'un autre. Alors pourquoi lui compliquer la vie quand il doit aller à l'hôtel ou au restaurant?

Il apparaît que lentement mais sûrement c'est l'Administration qui a pris le contrôle de la recherche. Alors que celle-ci a besoin de souplesse, de rapidité, elle se retrouve à se battre non pas contre la nature pour la plier à ses souhaits, mais contre sa propre administration. Quand passer une commande devient trop compliqué, le chercheur abandonne son projet.

Je me souviens avoir parlé avec un fournisseur américain qui me disait que la première question qu'un client américain demandait était "quand puis je avoir mon produit? ". Chez nous le temps ne compte plus, nous sommes ravis si nous avons réussi à passer la commande!

L'administration devrait être au service des chercheurs, et non pas l'inverse. On a l'impression que le personnel administratif augmente en permanence pour régler cette administration de plus en plus compliquée. Le problème auquel nous nous trouvons confrontés est que personne ne peut rien y faire. Ce n'est pas la faute des administrateurs, c'est l'administration qui est ainsi faite. On pourrait imaginer une révolte des directeurs de laboratoires, mais cela paraît assez improbable.

Dans le système de l'administration chacun est obligé de se protéger et de ne pas prendre de risque, car cela pourrait lui créer des problèmes en cas d'abus. Qui plus est, avec la pénalisation de plus en plus présente à tous les niveaux de l'administration, chacun a peur de se retrouver devant un tribunal.

Cette remarque qui concerne la recherche est malheureusement identique dans de nombreux autres milieux. La tendance est la même. La prise de risque n'existe pratiquement plus, c'est la peur qu a pris le dessus.

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