lundi 22 juillet 2013

La Conférence ICCF18: lundi 22 juillet, premier jour.

La conférence internationale ICCF18 sur la fusion froide a commencé aujourd'hui à Columbia dans le Missouri aux Etats-Unis. Plus de 200 participants sont présents venant d'une vingtaine de pays. Cette réunion est organisée par Robert Duncan, professeur à cette université. Il y a quatre ans, il avait fait une enquête pour l'émission "60 minutes" de a chaîne de télévision CBS. Robert Duncan ne soutenait pas la fusion froide, mais après avoir enquêté sur le sujet et visité plusieurs laboratoires, il a été convaincu par la réalité du phénomène. Depuis, il travaille sur ce thème, et a reçu un financement privé de Sidney Kimel. Cette conférence est totalement soutenue par l'Université Columbia. Les conférences ont lieu dans les locaux de l'Université.

La première journée a commencé par une présentation de James Truchard, un des fondateurs de la société d'instrumentation virtuelle National Instruments. Cette entreprise implantée dans de nombreux pays est leader dans son domaine. James Trichard soutient totalement la fusion froide en fournissant des matériels adaptés à la prise de mesure.

David Kidwell du Navy Research Laboratory à Washington a fait un rappel de l'ensemble de leurs travaux, en montrant comment on pouvait facilement faire des erreurs dans les mesures. D'après ce qu'ils ont réalisé, il apparaît qu'ils n'ont pas vu de rayonnements, ni de neutrons, ni de transmutation. par contre dans certains cas, ils ont observé des excès de chaleur inexpliqués, aussi bien au cours d'expériences en électrochimie qu'en phase gazeuse.

J'ai présenté les premiers résultats que nous avons obtenu avec Mathieu Valat, Pierre Clauzon,  Walter Sigaut et Jean-François Fauvarque d'une nouvelle expérience d'électrolyse avec production de plasma dans une cellule à haute température et haute pression. Nous avons travaillé à une pression de 5 atmosphères, et avons obtenu sur une période d'environ une heure un dégagement anomal de chaleur de 20 Watts avec une puissance appliquée moyenne de 400 Watts.

Edmund Storms, un ancien chercheur de Los Alamos, maintenant à la retraite a développé sa propre théorie de la fusion froide. D'après lui la réaction devrait se produire dans des craquelures du métal: palladium ou nickel. Pour lui, les noyaux d'hydrogène ou de deutérium produiraient des chaînes avec une alternance protons (deutérons) et électrons. Cet objet qu'il a nommé hydrotron vibrerait, et des réactions à trois corps deux protons et un électron ou deux deutérons et un électron, ou s'il y a mélange hydrogène et deutérium, un proton, un deutéron et un électron réagiraient pour former du deutérium, de l'hélium ou du tritium. Selon lui, les réactions de transmutations observées ne seraient que des réactions secondaires n'expliquant pas les excès de chaleur.

Vladimir Vysotskii, de l'Université de Kiev en Ukraine a présenté sa théorie expliquant un abaissement de la barrière Coulombienne lorsque il y a corrélation entre les atomes de deutérium. Son modèle permet d'expliquer un résultat important obtenu il y a quelques années par Dennis Cravens montrant que la production de chaleur augmentait en envoyant deux faisceaux lasers produisant un battement correspondant à une fréquence d'excitation du réseau. La théorie de Vladimir Vysotskii permet de comprendre ce phénomène, mais aussi de prévoir que l'excitation du réseau cristallin joue un rôle important.

Le professeur Xing Zhong Li de l'Université Tsinghua en Chine a montré les résultats expérimentaux importants de production de neutrons et de particules alpha dans un système palladium deutérium en phase gaz.

Mark Prelas de l'Université de Missouri a rappelé des résultats obtenus en 1991, où ils avaient chargé du titane en deutérium, et lorsque ces poudres étaient soumises à un changement brutal de température, il y avait production de neutrons (20 000/s). L'expérience a été reprise en 2012, et les conclusions étaient similaires avec une plus grande quantité de neutrons produits.

Arnold Isenberg de la société Advanced Oxide Ionics a fait des expériences d'électrochime avec comme cathode des feuilles minces de nickel. Il a montré que la surface de la feuille exposée au chargement en hydrogène se rétrécissant contrairement à ce que l'on aurait pu croire.

Keith Fredericks de la société General 3D a montré la possibilité de l'existence de particules de tachions allant plus vite que la lumière. D'après ses calculs et ses observations de traces sur des films photographiques, seraient celles de monopoles magnétiques de masse très élevée. Ces monopoles pourraient intervenir dans les réactions de fusion froide.

Charles Weaver, de l'Université de Missouri a expliqué leur travail sur la fabrication de détecteurs de particules à partir de films de diamant.

Yasuhiro Iwamura du Centre de Recherche Avancée qu Japon a fait le point sur les derniers développements de transmutation obtenus par diffusion de deutérium à travers une feuille de palladium recouverte de cinq couches alternées de CaO et de palladium. Lorsqu'il dépose sur la surface de cet empilement différents éléments comme: Cs, Sr, Ba, Ca et W, ces éléments sont transmutés en Pr, Mo, Sm, Ti et Os. Depuis plusieurs années, il utilisait du deutérium gazeux à une pression proche de la pression atmosphérique, mais pour augmenter la densité de deutérium à la surface, il a mis au point un nouveau système électrochimique qui donne un meilleur rendement de transmutation. Par ailleurs, il a montré que dans certains cas, il y avait production de rayons gammas qu'il n'a pas pu identifier à un élément connu. En utilisant du Cs-137, il a observé une baisse de la radioactivité.

La journée s'est terminée par une présentation des entreprises travaillant dans le développement industriel de la fusion froide:

Robert Godes de Brillouin Energy à Berkeley en Californie développe un système par électrolyse sous pression avec de l'eau ordinaire et du palladium. Ils ont obtenu un excès de 110%, et pour eux le mécanisme est celui de la capture électronique. Leur équipe se compose de 8 personnes à temps plein. Ils ont collecté quatre millions de dollars, et déposé plusieurs brevets. Ils sponsorisent SRI à Palo Alto pour cette initiative. A présent ils ont un COP de 2, mais espèrent obtenir prochainement un COP de 20, c'est-à-dire 20 fois plus de chaleur que de puissance électrique appliquée. Ils souhaitent vendre des licences de leur technologie.

Matt McConnell de la société Coolescence a fait un investissement philanthropique, mais après 8 années de travail, et quatre millions de dollars dépensés, ils n'ont pas eu de résultats positifs. Ils ont fait des expériences de décharges plasma, de chargement gazeux, d'électrolyse sans succès. Ils sont prêts à collaborer avec des institutions ou des industries.

Mitchell Swartz de Jet Energy a montré les résultats très intéressants obtenus avec le "nanor" un petit système contenant du palladium chargé en deutérium recouvert d'oxyde de zirconium. Il obtient un COP supérieur à 10 pendant de longues périodes. Les puissance produites sont de l'ordre du watt. Ils sont maintenant en train de construire des système de plus grande dimension pour obtenir plus d'énergie.

Nicolas Chauvin de LENR Cars de Suisse a présenté son projet d'application de la fusion froide pour l'automobile. Il cherche des collaborations avec les personnes ayant déjà réalisé le réacteur à fusion froide. Sa spécialité est l'application industrielle du procédé.

Max Fomitchev-Zamilov de Quantum Potential Corporation développe un système fondé sur la fusion induite par cavitation. Il injecte dans un réacteur rempli d'eau ordinaire des bulles de deutérium gazeux. En s'écrasant, ces bulles produisent des neutrons et de la chaleur. Ce procédé, n'est pas spécifiquement de la fusion froide, c'est plutôt l'équivalent de la sono fusion. La société a 7 employés dont 5 à plein temps. Il espère prochainement pouvoir commercialiser son système.

Robert Greenyer et Tyler Van Houwelingen du Martin Fleischmann Memorial Projects ont rappelé le fonctionnement ouvert de ce projet permettant à qui le souhaite d'avoir accès en temps réel aux données expérimentales. Pour le moment ils sont concentrés sur la réplication de l'expérience de Celani utilisant un fil de constantan ayant subi un traitement pour former des nano particules à la surface du fil. Ces expériences se font en parallèle en Europe et aux Etats-Unis. L'idée est de produire un système facile à dupliquer et pouvoir être utilisé par de nombreuses personnes.

Pour conclure, j'ai été très heureux de rencontrer Gustav Fralick de la NASA qui en 1989 avait montré la production de chaleur quand il pompait le deutérium qu'il avait introduit dans un purificateur à hydrogène (un tube de palladium). Il a répété cette expérience en 2012 avec le même résultat. Les résultats de cette  expérience m'avaient permis de réaliser en 2007 une expérience similaire avec Nicolas Armanet et obtenir un excès de chaleur en faisant diffuser du deutérium à travers la paroi d'un tube de palladium.

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